Le corps de Marie-Christine Hodeau a été retrouvé près de Boissy-aux-Cailles (Seine-et-Marne), une commune proche de la forêt de Fontainebleau, à quelques kilomètres du lieu de son enlèvement, a-t-on appris mercredi soir de source judiciaire. Le cadavre était entièrement dénudé, selon une source proche du dossier.
Découvert vers 20H30 non loin d'une route, en lisière d'un champ et d'une petite forêt, il était dissimulé "dans un trou (...) sous des branchages", a expliqué le général Martin, commandant de la gendarmerie de la région Ile-de-France.
Des indications données par le suspect interpellé lundi ont guidé les enquêteurs: il "a pu définir une zone dans laquelle ont été déployées" les équipes de recherche, a précisé le général David Galtier, directeur de la police judiciaire de la gendarmerie nationale.
Les causes de la mort n'ont pas été précisées.
Il s'agit maintenant de comparer les déclarations du suspect avec les constatations faites sur les lieux de la découverte, selon la source judiciaire.
C'est l'avocat du suspect, Me Laurent Caruso, qui a révélé le premier à la presse dans l'après-midi que l'homme avait "fini par dire ce que tout le monde attendait": il a reconnu devant le juge d'instruction être "l'auteur des faits" et "avoir enlevé" Mme Hodeau.
Interrogé pour savoir s'il avait reconnu l'avoir tuée, Me Caruso a répondu "oui, tout à fait, il l'a reconnu", ajoutant que l'homme était resté "assez flou" sur les moyens employés.
Selon Me Caruso, le suspect "n'a toujours pas donné d'explication, il ne comprend pas lui-même ce qui l'a poussé à faire cela".
"On n'a pas parlé d'agression sexuelle", a-t-il ajouté, expliquant que son client avait rencontré la victime par un "total hasard". "On est en face de quelqu'un qui a visiblement (...) été sous le coup d'une pulsion".
Au terme de 48 heures de garde à vue, le suspect a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et, de source judiciaire, placé sous mandat de dépôt.
Si l'homicide est confirmé, il appartiendra au procureur de prendre un réquisitoire supplétif pour meurtre, a précisé Me Caruso.
L'ADN de la victime a été retrouvé sur la main gauche du suspect, selon une source judiciaire.
Peu après son enlèvement, la jeune femme avait réussi à joindre les gendarmes depuis le coffre de la voiture, expliquant qu'elle venait d'être enlevée par un homme armé d'un couteau.
Un témoin qui connaissait le suspect l'a aperçu vers 08H30 au volant de la voiture, dont le signalement a été donné par la joggeuse, devant un Intermarché d'Oncy-sur-Ecole (Essonne), commune voisine de Milly-la-Forêt. Le lieu de l'enlèvement se trouve à proximité de ce magasin, dont les caméras de vidéosurveillance ont permis de confirmer la présence de la Peugeot 106, selon la même source.
Le véhicule, vide, le moteur encore chaud, avait été rapidement localisé par un hélicoptère de la gendarmerie dans la cour de la propriété d'Echilleuses (Loiret) dont le suspect est le gardien. Il ne se trouvait pas à la résidence. Il s'y est rendu après avoir été contacté par l'intermédiaire de sa femme. Le couple a été interpellé et placé en garde à vue. L'épouse du suspect a été libérée mardi après-midi.
Ce dernier avait été condamné en 2002 à onze ans de réclusion criminelle pour le viol et l'enlèvement d'une adolescente de 13 ans et avait bénéficié d'une libération conditionnelle en 2007, assortie de strictes mesures de contrôles, selon le parquet d'Evry. Malgré cela, le violeur s'était réinstallé à Echilleuses, là où vivent les parents de sa victime.